9 juin 2026 Hello , Welcome back to Francophone Weekly by TechCabal, your weekly deep dive into the tech ecosystem across French-speaking Africa. For readers who want to understand Francophone Africa beyond headlines—through markets, startups, and systems. New editions of the newsletter will land directly in your inbox every Tuesday at 12 PM WAT. By default, this newsletter is in French. If you’re reading this in your email inbox, click the “Read in English” button below to switch to the English version. If you’re reading on our website, you can either click the button below or toggle the language selector at the top right-hand side of the page to view the English edition. Read in English Kim Tran, directrice générale et co-fondatrice de Trenderz, une startup abidjanaise spécialisée dans la creator economy, passe près d’une décennie à travailler dans le marketing d’influence en Afrique francophone. Elle connaît les agences, les cycles de pricing, les clients. Quand elle a lancé Trenderz en 2024, elle construisait sur un terrain qu’elle maîtrisait bien. À la mi-2025, elle avait décidé de tout démolir. Aujourd’hui, Trenderz est une plateforme d’infrastructure de réservation et d’attribution qui trace la recommandation d’un créateur du premier clic jusqu’à la réservation confirmée et au versement d’une commission fixe. La couche agence a disparu. Le nouveau modèle est transactionnel, data-driven, et déjà déployé sur cinq marchés africains. Lina Kacyem, investment manager chez Launch Africa Ventures, s’est entretenue avec Kim Tran pour parler du pivot, de ce que trois mois avec le programme Creator Ventures de 500 Global lui ont appris, et pourquoi elle pense que l’économie de la recommandation en Afrique est cent fois plus grande que le seul marché influenceurs. 1. La création et la réorientation de Trenderz Kim Tran (à gauche) lors de l’Africa Creator Summit, Lagos, Nigeria, en janvier 2026. Source de l’image : Kim Tran. Lina Kacyem : Trenderz, c’était autre chose au départ. Peux-tu expliquer le pivot et ce qui t’a convaincue que c’était la bonne direction ? Kim Tran : Trenderz a démarré en 2024 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, comme un modèle hybride agence et abonnement-en-tant-que-service (SaaS) pour le secteur du tourisme et des loisirs. Nous orchestrions des collaborations entre établissements et créateurs de contenu, et nous avions construit une plateforme SaaS avec une couche marketplace pour aider les hôtels, restaurants, spas et lieux d’activités à gérer leurs campagnes de marketing d’influence et à se connecter aux bons créateurs. Après un an et demi d’opérations, deux choses sont devenues claires. Premièrement, le business fonctionnait. Les établissements payaient ; la demande était réelle. Mais le modèle ne scalait pas. Chaque nouveau client demandait du temps humain, et nos unit economics étaient plafonnées par le nombre de campagnes que mon équipe pouvait orchestrer manuellement chaque mois. Deuxièmement — et c’est ce qui a tout déclenché — nous nous sommes rendu compte que nous résolvions le mauvais problème. Nos clients ne nous demandaient pas un outil de gestion d’influenceurs. Ils nous demandaient de la conversion : des réservations, des clients. Pas des impressions, pas des vues, pas des taux d’engagement. Des clients réels, attribuables au créateur qui les avait amenés. Chaque conversation avec un directeur d’hôtel finissait de la même façon : « Nous ne voulons pas voir des vues ou des likes. Nous voulons des clients — et savoir quels créateurs remplissent réellement nos chambres. » Ce signal a tout changé. Nous n’étions pas en train de construire un service marketing. Nous étions assis sur un vide beaucoup plus grand : l’infrastructure qui permet de transformer la recommandation sociale en transactions traçables et monétisées. La décision de tuer le modèle hybride agence/SaaS pour évoluer vers une infrastructure pure a été la plus difficile que nous ayons jamais prise. Elle impliquait d’arrêter une activité rentable pour tout reconstruire depuis zéro, sans aucune garantie que la nouvelle version trouverait son marché aussi vite. Mais le signal était constant. À la mi-2025, la conviction était prise. Au premier trimestre (T1) 2026, le système de réservation, la couche d’attribution et l’infrastructure de paiement créateurs sont passés en production. Aujourd’hui, chaque réservation générée par un créateur sur Trenderz est trackée de bout en bout : contenu, clic, acompte et paiement créateur — sur une seule plateforme. Kacyem : Qu’est-ce que vous avez dû abandonner en pivotant ? Et qu’est-ce que ça vous a appris sur la façon de construire dans ce marché ? Tran : Trois choses, chacune douloureuse à sa manière. Premièrement, nous avons abandonné un modèle de revenu qui marchait. La couche agence générait du chiffre d’affaires mensuel avec des marges correctes et des clients qui revenaient. La tuer, c’était accepter zéro revenu pendant toute la durée de la reconstruction, tout en continuant à payer l’équipe et à livrer le nouveau produit. Sans les 250 000 dollars de pré-seed apportés par Digital Africa, GIZ et un pool d’angels stratégiques, ce trou de trésorerie aurait été impossible à combler. Deuxièmement, nous avons renoncé à un terrain que nous connaissions bien. J’ai pratiqué le marketing d’influence en Afrique francophone pendant huit ans avant Trenderz. Je connaissais les agences, les clients, les cycles de pricing, les cycles de vente. Passer à un modèle d’infrastructure, c’était entrer dans un métier différent : développement produit beaucoup plus long, conversations commerciales plus complexes, investissement initial plus lourd. Mais c’est aussi un métier où ce qu’on construit reste — alors qu’en agence, chaque campagne se revend à zéro. Le troisième renoncement a été le plus contre-intuitif. Nous avons accepté de sortir d’une catégorie existante. Quand vous êtes une agence ou un SaaS, les acheteurs vous comprennent en cinq secondes. Quand vous êtes une infrastructure de réservation boostée par la creator economy, vous devez expliquer ce que vous faites à chaque conversation, parce que la catégorie n’existe pas encore. Plus difficile à vendre, plus difficile à pitcher aux investisseurs, plus difficile même à expliquer à votre propre équipe — jusqu’à ce que les premiers chiffres commencent à valider la thèse. Ce marché m’a appris trois choses.
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